Bom Dia

Damien Guinet
un Blog-It Express chez vous ? Blog-It Express

Senso

Bon voyage

Bon à rappeler

  • Ce blog est le seul moyen que Turquois a trouvé pour être Directeur. En l'occurence, de la publication. C'est lui qui fait tout ici, sauf le ménage. Toutes les nuits, ces pages sont repeintes en bleu ; au petit matin, toutes les lettres des notes sont trempées dans la vanille. Ces opérations sont effectuées par les équipes de Sixapart SA, dans leurs bureaux du 48 rue de la Bienfaisance 75008 Paris (01 45 61 20 85). Si vous voulez me contacter pour me faire des compliments, c'est facile, j'ai Internet.

L'Idéal - Barbara Carlotti

Lideal

La longue dame blonde est de retour. Après Chansons et Les Lys brisés, le dernier disque de Barbara Carlotti se nomme L’Idéal. Programme ambitieux s’il en est, d’autant plus que l’apparition de sa voix claire et posée, notamment avec Cannes, avait déjà marqué bien au-delà des esprits. La surprise en moins, on se glisse de nouveau avec grand plaisir dans cet univers délicat au sein duquel la chanteuse flotte avec l’élégance des femmes du monde décoiffées. Un univers fait de « lieux sublimes », « de fruits et de soleil », de « plaisirs futiles », de guitares sèches, de cuivres gais et de quelques flûtes qui semblent sorties d’une chambre du Chelsea Hotel. Auteur et compositrice de la majorité des titres, Barbara Carlotti fait claquer dans L’Idéal ses talons hauts sur les terrasses en étages de la chanson française. Un verre à la main, elle déambule en souriant entre les invités qui chuchotent, leur demande de « faire quelque chose pour la nature », regrette les printemps tardifs mais elle n’hésite pas à faire trinquer ceux qui ne savent pas se tenir, comme ces Femmes en zibeline, qui portent « des animaux morts/qui caressent leurs corps ». L’Idéal parle aussi de l’amour, mais de celui qui est entre parenthèses, celui qui n’est pas partagé, dans la jolie Bête farouche, ou celui dont on rêve. Pas de l’amour idéal. Barbara Carlotti n’est pas une chanteuse vulgaire.

Levons le coude

Quedesplantes

Levons l'ancre

Bateau

Un Pedigree - Edouard Baer

Pedigree

Dans une sorte de haut hangar désaffecté, entre des murs de béton gris, au milieu d’un petit désordre, Edouard Baer donne lecture d'Un Pedigree de Patrick Modiano. Le plus souvent assis derrière ou sur le simple bureau de bois posé dans la pièce, décoré d’une unique lampe verte, il parcourt ses feuilles volantes, les classe et les range visiblement sans chercher à en respecter la chronologie mais sans s’y perdre pour autant. Tous ces papiers sont les multiples pièces du puzzle que Modiano tente de reconstituer dans Un Pedigree. Un puzzle fait de bribes de discussions, de voix étouffées derrière les murs, de noms mystérieux et empruntés, de solitude et de peines confondues. Edouard Baer se tient la tête pour en faire jaillir les souvenirs d’un autre, étalés sur ce bureau qui pourrait être aussi bien celui d’une salle d’interrogatoire que celui d’un maître d’internat.

Derrière lui, au fond, une porte aux grands battants de bois s’ouvre petit à petit, signifiant sans doute la longue émancipation douloureuse du petit Patrick, ignoré par ses parents et pourtant si souvent sollicité, accusé, réprimandé, malmené, jusqu’à l’écriture de son premier roman, La Place de l’étoile. Cette porte constitue le seul élément de mise en scène durant cette lecture d’un peu plus d’une heure. Malgré, ou grâce, à cette absence d’artifice, Edouard Baer est convaincant dans son interprétation des failles modianesques car il est de ces bouffons dont on imagine assez bien que l’humour ne leur est pas venu sans raison. Sur la scène du Théâtre de l’Atelier, il fait rire avec trois ou quatre phrases, presque contre son gré, mais reste d’une sobriété bienvenue, au service d’un texte qui tient autant du rapport d’enquête que de la mise au point intime et définitive.

Au final, l’acteur remercie comme s’il était gêné de ces applaudissements, rebondissant d’une jambe sur l’autre, et salue l’auteur, en tournant ses mains vers le bureau de bois, où ses souvenirs respirent encore doucement.

Alain Bashung - Chorus 2008

Bashung

Les musiciens sont déjà en place lorsqu’il arrive. Une silhouette sombre dans la lumière blanche, comme un flamant noir perché sur ses longues pattes, coiffé d’un chapeau et de lunettes de soleil. Noire aussi, la guitare qu’on lui tend avant qu’il ne s’assoit sur un tabouret. « Bonsoir », lance l’homme au public ; il est 22 heures et Bashung entame son concert avec Comme un Lego, l’une des chansons écrites par Manset pour Bleu Pétrole. Neuf minutes adressées depuis ce « grand terrain de nulle part » au « noir sidéral ». Un pari casse-gueule, ceux qui attendaient l’heure des concessions pourront repasser. Suivent Je t’ai manqué et Hier à Sousse, plus puissante à la scène qu’au studio.

Du dernier album, Tant de nuits, le guilleret Secret des banquises et les deux reprises Suzanne et Il voyage en solitaire seront les seules à ne pas être au rendez-vous. La voix est claire et forte quand il le faut, plus douce à d’autres instants, avec ces petites variations qu’on lui connaît, ces petits dérapages élégants et maîtrisés. Bashung ne parle pas entre les chansons. Il lève son verre d’eau en réponse à un « Bravo Alain ! » lancé par la salle. Bashung est concentré comme un funambule qui n’aurait plus d’équilibre hors de son fil.

La nuit, je mens. La batterie ne commence qu’au deuxième refrain, plus tard que sur le disque. Mais les frissons sont là. « D’estrade en estrade/J’ai fait danser tant de malentendus/Des kilomètres de vie en rose ». Cette phrase existe donc bien. Samuel Hall et What’s in a bird secouent les fondations de l’Arche de la Défense et un public au sein duquel beaucoup étaient surtout venus pour voir. Les chansons les plus applaudies sont sans surprise Osez Joséphine, impeccable puis, durant le premier rappel, Madame Rêve, magique, et Vertige de l’amour, rajeunissant. Juste avant, les fans se lèvent et viennent occuper le devant de la scène, surprenant Bashung qui revient à sa place.

Deuxième et dernier rappel, seul, guitare à la main. Angora de Fantaisie militaire : « Le souffle coupé/La gorge irritée/Je m'époumonais/Sans broncher ». Plus personne ne bouge. Nights in white satin : « And I love you ». La foule répond par ses applaudissements et sûrement aussi par quelques mots dans les premiers rangs. « Mais moi aussi je vous aime » laisse alors échapper le flamant noir en se retirant, la voix floue pour la première fois de la soirée. Minuit. La salle se rallume pendant que les mains s’éteignent inexorablement. Sur la scène vide, le micro de Bashung est toujours éclairé.

Bleu Pétrole - Alain Bashung

Bashung

Six secondes, c’est le temps qu’il faut pour aimer le dernier album d’Alain Bashung, Bleu Pétrole. Six secondes, deux accords de guitare et deux vers : « Je t’ai manqué ? Pourquoi tu me visais ? » On est à peine assis que la messe est dite, à défaut d’être encore entendue. Musicalement, Je t’ai manqué et Résidents de la République, les deux premières chansons de Bleu Pétrole, écrites par Gaëtan Roussel de Louise Attaque, sont d’une efficacité redoutable, irrésistible. Impossible de ne pas tracer à travers la plaine lorsque leurs refrains s’enclenchent : « Et si l’on disait le contraire » ou « Hier on se regardait à peine ».

Tant de nuits, malgré sa boîte à rythmes, s’inscrit dans la même veine. Si l’on n’aimait pas autant La nuit, je mens, si l’on ne pensait pas qu’il s’agit sans doute de l’une des plus belles chansons jamais écrites, on reconnaîtrait qu’il y a des copeaux brillants de celle-ci dans l’admirable refrain de celle-là : « Des armées insolites/Et des ombres équivoques/Des fils dont on se moque/Et des femmes que l’on quitte ». Comment ces rythmes et ces sonorités peuvent-ils nous connaître aussi bien ? Comment des mélodies écrites par d’autres, Armand Méliès et Alain Bashung en l’occurrence, peuvent-elles se lover aussi pleinement au creux d'envies que l'on ne se connaissait pas quelques secondes plus tôt ? Comment remercier pour ça, aussi ?

Vient ensuite Hier à Sousse, transition mineure, que l’on imaginerait bien chantée par Jacques Dutronc, avant les deux morceaux inédits écrits, avec Armand Méliès pour le premier, et composés par Gérard Manset : Vénus et Comme un lego. La première est plus parlée que chantée par Bashung mais Manset, comme Roussel, parvient à emporter l’auditeur sur son aile grâce à un banjo que l’on ne voit pas venir, qui rode pourtant dès le début de la chanson, et qui ouvre soudain un chemin évident et limpide. Vénus et Comme un lego forment un diptyque évoquant les splendeurs et misères de nos vies si riches, si minces, passées entre « pommes d’or, pêches de diamants » et « dard venimeux » ou « socle trompeur ». Pour Manset, nos existences ne sont qu’un « jeu, terrible, cruel, captivant » et dans cette prière sans illusion qu’est Comme un lego, le plus beau vers est peut-être celui qui n’est pas écrit : « Pourquoi ne me réponds-tu jamais ? » interroge-t-il le créateur possible du jeu en question ; suivent quelques éloquentes mesures sans paroles…

Gaëtan Roussel revient ensuite pour les trois dernières chansons inédites (1). Sur un trapèze et Le secret des banquises balancent une nouvelle fois leurs airs accrocheurs sur des textes qui – cela vaut pour tous ceux écrits par Roussel – s’ils ne sont pas aussi hermétiques que ceux de Fauque sur les albums précédents – n’oublions pas surtout qu’avant, il y eut Boris Bergman – peuvent, dans un premier temps, s’écouter sans se comprendre avec plaisir. Je tuerai la pianiste réunit pour sa part Manset au texte, Roussel et Bashung à la musique, une chanson qui a la fièvre meurtrière, dont la pression monte sous les guitares et les coups de batterie, une chanson psychopathe qui tourne en rond comme un cheval fou. « Je suis un indien, je suis un apache ». Bleu Pétrole est une immense réussite, qui devrait plaire bien au-delà du public habituel de Bashung. Précipitez-vous.

(1) Bashung reprend également Suzanne de Léonard Cohen et Il voyage en solitaire de Gérard Manset, reprises qui, malgré la grandeur des chansons originales, n’apportent rien à l’album.

Thérèse - Chorus 2008

La 20ième édition du festival Chorus se poursuit. Voici quelques photos du concert de Thérèse ce midi.

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Loire-Atlantique

  • Dans le sens des départs (8)

0802_saint_nazaire56_3 A Saint-Nazaire, ceux qui ont un parapluie sous la bruine ne sont pas de Saint-Nazaire. Là-bas, la pluie n’est ni une péripétie, ni un contretemps ; elle fait partie du décor mais ne fait pas fondre. Le matin, sur le boulevard Albert 1er, les retraités prennent le frais sous les gouttes sans sourciller. Plus tard, les collégiens reviennent du McDo sous l’averse comme si de rien n’était, les cheveux collés au front et les bouches jointes, où se déchaînent d’autres tempêtes. A son tour, on avance donc la tête au vent, le pébroc protégeant l’appareil photo, observé par des autochtones humides, la parka bien vite trempée mais0802_saint_nazaire3_2 le corps en mouvement, entre les coques, les paquebots, les grues et les cargos, au milieu des cris des mouettes et des plaintes de l’acier sous les presses, derrière la tôle des ateliers. Au fond d’un bassin, le Poesia est terminé et les premiers membres de l’équipage italien viennent le découvrir avec ferveur ; les yeux levés au ciel, ils admirent sa robe blanche et sa cheminée qui fume déjà ; pour un peu, on se croirait place Saint-Pierre. En face, dans la forme Joubert, le Jasmine Knutsen est en cale sèche pour maintenance. Sous sa coque immense, deux playmobils minuscules donnent une idée de la taille du tanker, si haut et démesurément long. Face à ce monstre, on ne souhaite qu’une chose, qu'il ne se rompe jamais, ni en mer, ni dans l’estuaire.

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Dimanche de brume

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La Défense

Je commence une autre série, visible sur Flickr. Le sujet en est La Défense, vue… de chez moi. Comme pour les autres, l'objectif est de la compléter/améliorer/réorganiser au fil du temps. Si vous avez une autre idée de titre pour la série…

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Face(s) à la mer

Une nouvelle série sur Flickr : Face(s) à la mer. Puisqu'il est difficile, voire risqué de prendre des visages en photo, prenons des nuques. La série sera complétée, et pourquoi pas améliorée, au fil du temps. La sélection sera impitoyable. Peut-être.

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Les Nantais à l'échauffement

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Les Photographiques 2008

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Du 8 au 30 mars, Le Mans accueille la 30ième édition des Photographiques, ancien Festival de l'Image rebaptisé en 2006, créé, soutenu et toujours organisé par un groupe de fidèles passionnés.  Dans dix sites de la ville seront visibles différentes expositions de photographes manceaux, du grand Ouest ou d'ailleurs. Des grilles de l'église de la Visitation, à l'hôpital, en passant par le parc Théodore Monod, le Palais des Congrès… le public pourra découvrir plusieurs regards, anciens ou récents, différentes sensibilités et façons d'aborder l'art photographique, en couleur ou noir et blanc, en petit ou grand format.

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Lors de la visite inaugurale de samedi dernier, j'ai particulièrement apprécié les photos de Bernard Descamps, regroupées sous le titre "Evening land", élégantes et délicates, comme ces barques du lac Débo au Mali qui ressemblent à des cils déposés par le vent, ou ces dunes du désert qui prennent chair sous son objectif. Valérie Donsbecke présente pour sa part "Chambres claires", un travail à la fois ludique et esthétique. Par un procédé qu'elle garde secret, et sans retouche numérique, elle enferme des clichés en couleur dans des bocaux, bouteilles ou verres et elle photographie l'ensemble sur fond blanc, le tout en argentique. Enfin, Jean Hervoche, avec "Paysages" donne à voir de superbes clichés en noir et blanc de régions peu hospitalières, principalement nordiques, où prendre des photos, chasser le merveilleux éclat de lumière dans l'encre du ciel, nécessite de "payer de sa personne" selon ses propres termes.

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Cela n'est qu'une sélection. Les Photographiques exposent également Guy Hersant, Daniel Challe, François Le Diascorn, Toinette, Jean-François Devillers, Caroline Pottier et d'autres encore... De plus, à l'Hôtel de ville, les organisateurs ont décidé de présenter une partie des oeuvres des artistes exposants achetées par le festival au fil des ans, une collection qui commence à prendre de l'ampleur et dont on attend avec impatience qu'elle puisse être visible un jour de façon permanente dans la cité mancelle.

Facile

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Estuaire

Voici une première série de photos issue de mon séjour du côté de Saint-Nazaire. Les photos sont sur Flickr ; le mieux pour les voir est d'utiliser la fonction Diaporama. Dites-moi ce que vous en pensez, ici ou là-bas. Je suis parti pour photographier les bateaux à Saint-Nazaire et j'ai compris en revenant que mon sujet était en fait la raffinerie de Donges, que l'on voit sur plusieurs photos. Du coup, la série est largement incomplète. Ce site est assez incroyable et mérite d'y passer plus de temps, dans différentes conditions d'éclairage, de saisons… L'été, au coucher du soleil, cela doit être extraordinaire ; les jours où j'y étais, le soleil ne s'est quasiment pas levé… Bref, je n'ai plus qu'à y retourner ; l'idée serait de prendre en photos les gens, les vaches, les bateaux, l'église - que l'on aperçoit - avec toujours en fond la raffinerie, ses fumées, son ombre…

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Le Pont de Saint-Nazaire

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Buvons du lait, mangeons du boeuf

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Une pause s'impose

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Lense Party 7

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Hier, avait lieu la Lense Party 7, occasion de parcourir Paris en groupes, répartis entre différents quartiers, et dans la bonne humeur, appareil à l'épaule. Peu de portraits au final pour ma part, contrairement à ce que le thème prévoyait… mais quelques photos quand même, ici.

Parc des Princes : où est le jeu ?

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Jérôme Rothen contrôlé à 10 km/h !

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Vive la Belgique !

Neuhaus

Merci Olivier !

Harry Gruyaert - Rivages

Rivage

Le sous-sol du Bon Marché accueille jusqu’au 16 février les photos d’Harry Gruyaert. Au cours de ses divers reportages effectués à travers le monde, ce Belge né à Anvers a pris sans y penser de nombreux clichés des plages, grèves et baies semés sur son chemin, sans qu’ils n’aient de lien direct avec les sujets qu’il traitait alors. La compilation de nombre de ces photos constitue aujourd’hui la base d’une exposition, ainsi que d’un livre, paru aux Editions Textuel.

Les rivages d’Harry Gruyaert sont saisis sous des cieux souvent inamicaux, sans doute les peintres flamands l’ont-il influencé, et dans des conditions de lumière parfois limites. Dans ces ambiances de calme précédant la tempête, d’éclaircie vive après l’orage ou de temps suspendu qui suit l’échouage du soleil, le photographe sait trouver l’objet de couleur, l’éclat de lumière ou les lignes d’écume qui donnent leur intérêt à ses compositions. Sur de nombreux tirages, le grain est très présent, voire envahissant, jusqu’à devenir une composante centrale des images, et contribuer à un équilibre souvent magique qui s’établit entre des nuages qui plombent et menacent, des brumes qui voilent et enveloppent ; ce grain est absent des photos les plus récentes, prises après qu’Harry Gruyaert est passé au numérique, et qui, du coup, n’ont pas le même charme. Pour leur part, les personnages sont souvent réduits à des silhouettes noires qui ponctuent sans s’imposer, mais qui assurent la respiration des compositions et évoquent l’inévitable humilité qui naît chez l’Homme face à la mer.

Pour éviter tout malentendu, je me dois de préciser que la photo qui illustre cette note a été prise par mes soins.

Fraude à la Société Générale

- Tu as entendu ? La Société Générale a été victime d’une fraude qui lui a coûté près de 5 milliards.
- Comment c’est possible, une somme aussi importante ?
- A cause d’un employé dont les opérations risquées sur les marchés à terme ont dérapé.
- …
- Le type est en garde-à-vue à la Brigade financière. Je n’aimerais pas être à sa place. Bouton, le PDG, l’a qualifié de « terroriste ».
- UN type ??!!
- Oui. Disons que ce doit être un enchaînement de circonstances malheureuses, comme la chute des marchés, et un raté des procédures de contrôle internes.
- Quand même, un type ! 5 milliards ! L’an dernier, Berthier s’est fait virer pour avoir piqué 10 000 euros dans la caisse à la boîte. Déjà, on était impressionnés. En fait, c’était peanuts. Il aurait fallu que sa mère accouche 500 000 fois pour atteindre le même résultat. Légion d’honneur la mère Berthier.
- …
- Oui. C’est vrai qu’il aurait encore fallu que tous les enfants s’entendent. Bonjour, les notes de téléphone. Et puis dans un groupe, t’en as toujours un qui traîne les pieds ou qui change d’avis à la dernière minute. 5 milliards !!
- …
- 5 milliards d’euros ? On pensait pourtant que c’était un crack en informatique Berthier. On pouvait pas savoir pour sa mère.
- …
- Pauvre Berthier.
- …

XXI - N°1 - Hiver 2008

Xxi

Le premier plaisir que donne XXI est celui d’avoir en main une revue épaisse, au papier robuste et à l’odeur d’encre noire. Près de 200 pages sans publicité qui rappellent certains albums que nous feuilletions lorsque nous étions enfants. Les proportions sont idéales et donnent envie d’emmener le volume partout avec soi, de le potasser encore et encore, de venir et revenir à ses pages, nombreuses et fournies, sobres et claires. XXI est une nouvelle revue trimestrielle lancée par Laurent Beccaria, éditeur, et Patrick de Saint-Exupéry, journaliste ; souhaitant privilégier « l’information grand format » et se plaçant sur la seule ligne qu’affectionnait Albert Londres, « celle du chemin de fer », elle propose de longs articles, un portfolio et une bande dessinée de reportage.

XXI s’inscrit dans le temps. Celui qui est nécessaire au journaliste pour traiter autant qu’il le souhaite son sujet sur le terrain, puis rédiger en choisissant ses mots sans les compter. Ce temps est aussi celui dont le lecteur aura besoin pour se plonger dans les histoires proposées, un lecteur qui a pris l’habitude de lire des journaux gratuits creux, dont les titres annoncent la pâle couleur, ou des blogs où il convient de faire court pour ne pas faire fuir. Ici, s’il s’agit bien de journalisme, il n’est pas question de résumer mais de conter, XXI vise l’immersion de son lecteur et rejette la synthèse sèche. C’est là le deuxième plaisir de cette revue, composée non pas d’articles mais de récits au long cours, de portraits buissonniers, faisant la joie de ceux qui apprécient les textes qui les prennent par la main pour une échappée en caractères d’imprimerie.

Ce premier numéro de XXI comprend un dossier fourni sur la Russie, un portrait de Michel Onfray, un entretien avec Bronislaw Geremek, des articles sur la France de la désobéissance ou l’IRA, entre autres ; il est en vente à 15 euros dans les bonnes librairies. Impossible de passer à côté de la couverture créée par Beb-Deum pour l’occasion dans les rayons (et avec laquelle je me suis amusé pour la photo) ; aucune raison de le faire d’ailleurs, tant elle annonce de belles soirées de lecture. Espérons que le temps suffisant sera donné à XXI pour s’installer à une place laissée vacante depuis longtemps dans la presse française ; pour l’y aider, un bulletin d’abonnement est disponible dans la revue, ou sur le blog qui a été ouvert au début du mois de janvier.

Paris clouds

Bruce Springsteen - The river

Bruce Springsteen, in the streets of... Copenhagen. Bon week-end.

La Maison du retour - Jean-Paul Kauffmann

La_maison_du_retour

A priori, il paraît étrange de s’isoler dans une maison de campagne délabrée lorsque l’on vient de passer trois ans retenu en otage, en l’occurrence au Liban. C’est pourtant le choix que Jean-Paul Kauffmann a fait après sa libération en 1988. A la recherche d’un lieu pour reprendre ses esprits, il finit, après de nombreuses visites infructueuses, par acquérir dans les Landes une « maison dans la clairière », ancien bordel durant la guerre mais inoccupée depuis. La Maison du retour est le récit calme et posé des longs mois de travaux qui seront nécessaires pour remettre la bâtisse en état. Ces mois, l’auteur décide de les vivre sur place, moins pour suivre les gestes des deux maçons taiseux qui s’activent devant les murs humides que pour s’imprégner des lieux, renaître à un monde dont d’autres l’ont privé trop longtemps.

Ce livre est un immense plaisir de bout en bout, plaisir qui se prend sans précipitation mais sans détour non plus, tellement les pages filent doux et vite entre les doigts. Il y est question d’arbres anciens et d’oiseaux, de plantations, de chevreuils curieux et de crapauds bleus. Kauffmann passe ses journées à contempler ou arpenter, selon le temps qu’il fait, son nouvel espace vital. Il fume un cigare devant le soleil qui se couche, avant de se plonger à la fois dans Virgile et son lit de camp.

Il s’en passe peu mais on ne s’en lasse pas tant l’écriture est plaisante, simple et polie. De plus, ne rien faire est un art qui demande une application et une organisation rejetant tout ennui. Contrairement à ce que ses amis pensent, la motivation du nouveau propriétaire de La Maison du retour n’est « pas l’isolement mais la solitude ». Au milieu de ses pins, il croise donc quelques personnages, dont il dresse des portraits à la fois drôles et graves : Lapouyade, l’agent immobilier, Urbain, l’architecte, et son voisin, ainsi que sa femme et la sœur de celle-ci, amateur comme lui de grands bordeaux. La Maison du retour est à lire d’urgence sans se presser, pour se recentrer sur quelques-unes des choses essentielles de la vie, comme on ouvre les volets un matin de printemps pour se laisser surprendre par sa propre envie de vivre.

Tout est possible

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Si tu ne vas pas à la gare…

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Boa Tarde

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