Un paradoxe pour commencer. Alors que les Beatles avaient arrêté les concerts parce qu’ils ne s’entendaient plus [jouer tant leurs fans criaient de façon hystérique et incessante] les Fab Four ne cessent tout au long de leur spectacle d’inviter l’assistance à se manifester. Hier soir, la salle du Palais des Sports de Paris n’a que partiellement répondu à leurs multiples sollicitations, sans doute partagée entre l’envie de participer et l’attente d’une émotion qu’elle espérait voir la submerger. Aux balcons pourtant, une colonie de collégien(ne)s, astucieusement invitée, payée, briefée (1) pour faire la clique hurlait comme leurs parents dans la même salle 40 ans plus tôt. Y compris, malheureusement, alors que le clone de John, tout de blanc vêtu, s’installait devant son piano immaculé, soulevant un autre paradoxe : que Lennon, apôtre de la non-violence, ait été assassiné. Cette tentative de recueillement reçut comme réponse les cris aigus des jeunettes. « I don’t understand » lança l’une d’elles. Merci, on avait compris.
Un constat ensuite. Durant les premières chansons, l’illusion parfaite de ces quatre fait son effet. La chair de Liverpool (2) court sur les bras. Et s’il s’agissait des vrais se dit-on ? Puis l’émotion disparaît – nous sommes bien en 2007 – laissant la place à un vrai plaisir de voir des petits gars interpréter avec énergie et justesse les standards qui ont bercé notre vie prénatale. Tout y est, la moindre note de guitare, le son brut et approximatif, les gestes, les attitudes, les voix. Alors on se laisse prendre sans arrière-pensée, on tape des mains, on chante. Le plaisir est là, il est le bienvenu. Après une première partie costumes serrés, la seconde s’ouvre sur les moustachus de Sergent Pepper. Une fois encore, musicalement, tout cela est bluffant, même si l’ambiance baisse d’un cran devant ces chansons à la forme moins classique, aux glissements mélodiques plus acides, pourtant parfaitement retranscrits.
Une conclusion enfin. Les Fab Four repartent vers la Californie après un rappel professionnel, jusqu’à cette petite fille montée sur scène et jouant parfaitement en rythme de son tambourin. La voix du spectateur est un peu voilée, ses mains sont chaudes et ses genoux sensibles. Il n’a toujours pas vu les Beatles. Il se dit qu’il peut attendre encore un peu.
D’autres notes chez Fanny (30 minutes du concert d'hier soir filmées avec les moyens du bord) et Hervé Resse.
(1) Rayer les mentions déplacées.
(2) Désolé.





s'il y avait autant de jeunes femmes qu'à l'époque des beatles,ça devait être sympa en effet - et on se prend à rêver d'un meeting socialiste avec - sur le même principe - un mitterrand réincarné...faite de quoi la note précédente sur Nicolas sera vraiment prophétique...
Rédigé par: francis | 20/01/2007 à 21h49
Ah ainsi donc ça y est vous y êtes allé. Sur le même sujet, en commentaire de la note "pré" j'ai déjà abondamment donné mon sentiment, je n'y reviendrai pas* dans la post-concert.
Votre note est agréable à lire, on dirait un "revival" aussi ;) : une note turquois'old style mmm ça fait du bien!:)
*Sunrise doesn't last all morning...All things must pass All things must pass away
Rédigé par: marie | 20/01/2007 à 22h48
"nous sommes bien en 2006 "...Sûr? ;-)
Rédigé par: marie | 21/01/2007 à 11h23
francis > Oui, les "jeunes femmes" d'alors étaient là. 40 ans plus tard… :)
marie > Et pour faire encore plus old style, j'ai mis "2006"… :) Correction effectuée, merci !
Rédigé par: Turquois | 21/01/2007 à 13h33
Une réaction complètement décérébrée mais ô combien juste et justifiée : Vive les Beatles!!!
Rédigé par: Amiante | 21/01/2007 à 15h42
Bien d'accord Amiante !
Rédigé par: Turquois | 21/01/2007 à 17h28
Hum à la St Vincent,patron des vignerons,c'est fermé ici pour cause de bacchanales :-O Enfin tant qu'il est temps je vous souhaite une
*************Bonne Fête!**************
Rédigé par: marie | 22/01/2007 à 23h53
Merci Marie :) (Hips !)
Rédigé par: Turquois | 23/01/2007 à 18h05
ROUDOUDOU il dort!!!
Rédigé par: JL | 23/01/2007 à 20h26
Well said.
Rédigé par: Dorothy | 29/10/2008 à 00h46
Thanks !
Rédigé par: Vincent | 29/10/2008 à 21h51