Arcade Fire est un groupe, un vrai. Impossible de ne pas s’en rendre compte à l’écoute de Neon Bible, leur nouvel et deuxième album, après Funeral. Cela saute aux oreilles, qui n’avaient pas été à pareille fête depuis bien longtemps. Win Butler et Régine Chassagne sont à la base de ce réjouissant ensemble nord-américain de près d’une dizaine de membres. Si ce n’était leurs origines (étasuniennes, canadiennes, haïtiennes…), on dirait qu’il y a de l’Erasmus derrière Arcade Fire, une sorte d’auberge espagnole musicale où l’énergie naîtrait de la rencontre. Il faut dire que dans Neon Bible, la voix de Win Butler a parfois fort à faire pour ne pas se laisser déborder par l’exubérance de ceux qui l’accompagnent aux guitares, accordéons, chœurs, cuivres, orgues, percussions, cordes et autres claquements de mains. Ce pourrait être agaçant, c’est simplement jouissif tant l’enthousiasme de la bande, qui joue fort, et ses mélodies, qui ne sacrifient jamais rien à la puissance, se diffusent de la tête aux orteils. Neon Bible n’est pas un album léger, si l’on s’attarde sur les paroles. Il porte sans faire décoller, en maintenant les pieds de qui l’écoute solidement au sol. Neon Bible donne envie de marcher vite sous la pluie sans baisser la tête, en criant « Hey ! » avec le groupe sur « No cars go ». Au plan des influences, forcément ça se bouscule dans ce mélange de potes. Chacun y reconnaîtra quelque chose à coup sûr. On pense à Springsteen sur « Antichrist Television Blues », à Belle and Sebastian pour l’apparition de la voix féminine dans « The Well and the Lighthouse », voire à quelques grosses machines des années 80 sur certaines séquences de synthé. On pense un peu et puis on se laisse emporter par Arcade Fire, qui semble avoir trouvé la formule magique pour nous refaire chanter et danser.
Vous pouvez écouter Arcade Fire sur Radioblogclub.





Oh "auberge espagnole" c'est tt à fait ça: moi j'y entends du Bowie aussi !
Rédigé par: marie | 28/04/2007 à 17h36
Je ne sais pas si on devrait caracteriser Montréal comme une auberge espagnole...
Rédigé par: marsha | 30/04/2007 à 07h45
marie > Oui, ils ont chanté ensemble je crois.
marsha > Tu as raison ; c'est pour cela que je précise que le terme ne correspond pas à leurs origines. Mais je trouve que cela reflète bien l'ambiance et le contenu du disque. Existe-t-il une expression comparable à "Auberge espagnole" pour l'Amérique du Nord ?
Rédigé par: Turquois | 30/04/2007 à 18h46
AH non en fait* je ne les faisais pas rentrer dans la même "auberge espagnole" DU TOUT! Pas celle du film.. mais de l'expression.Dans mon commentaire peu importait le patchwork d'origines qui compose leur groupe.J'avais en tête ce lieu où on reçoit avec "provisions",en fait dans Arcade Fire chacun reconnaît, entend des influences suivant ses affinités,son background perso.
(cqfd= je vous lis.. trop vite)
Rédigé par: marie | 30/04/2007 à 20h21
Et bien moi, c'était les deux.
Rédigé par: Turquois | 30/04/2007 à 22h00
pour ça que vous êtes le boss ...(ici ;-) !
Rédigé par: marie | 30/04/2007 à 22h15
Un peu mon n'veu !
Rédigé par: Turquois | 30/04/2007 à 22h57
Ok, je comprends mieux maintenant ;-). On dit "melting pot" en anglais pour l'auberge espagnole. Tu as raison que ce groupe est vraiment une réfléction de la société multi-culturelle ici.
Rédigé par: marsha | 02/05/2007 à 07h47
Oui, "melting pot". C'est en pensant à cette expression que j'ai fait mon jeu de mot, lamentable c'est vrai, sur le "mélange de potes". Il faudrait mixer "auberge espagnole" (en raison des influences diverses que chacun identifie en fonction de ses propres goûts) et "melting pot" (en raison des origines variées des membres du groupe) :)
Rédigé par: Turquois | 04/05/2007 à 09h18