Il y a un an, Laurent Perrin s’est réveillé un matin en se disant : « Il faut que je fasse un film sur Dominique ». Dominique Laffin, le réalisateur l’avait dirigée dans Passage secret, présenté en mai 1985 à Cannes, avant sa sortie en septembre. En juin de la même année, un coup de fil lui apprit le décès brutal de la jeune comédienne. Passage secret était son premier long-métrage à lui ; ce fut son dernier film à elle, après ses précédents tournages avec Claude Miller, Jacques Doillon, Marco Ferreri, Claude Sautet… Depuis cette triste année, 22 autres ont passé, qui n’ont pas permis de redonner à Dominique Laffin la place qu’elle mérite dans la mémoire du cinéma français. Dans notre mémoire. Jusqu’à ce que cette idée de documentaire surgisse dans la tête de Perrin.
Tenir une idée, sentir en soi l’envie et l’énergie de la développer est une chose, en convaincre d’autres – indispensables mais intéressés à leur manière – que le projet mérite d’être conduit à son terme est plus difficile. Laurent Perrin le sait bien, qui n’a réalisé que quatre films en vingt ans. Les financeurs, y compris ceux des chaînes dites culturelles, veulent des têtes d’affiche, des noms qui attirent, des acteurs bankable. C’est finalement une filiale de Cinéculte qui a accepté de produire le documentaire de Perrin sur cette enfant pas sage qu’était Dominique Laffin. Le film réunit notamment les témoignages d’Elie Semoun, grand fan qui a longtemps possédé une photo de l’actrice dans sa chambre, Josiane Balasko, Yvan Dautin…
Dernièrement, j’ai reçu un mail de la productrice du film, m’indiquant que lors de ses recherches, Laurent Perrin était tombé sur l’une de mes notes et qu’il souhaitait me rencontrer pour l’intégrer à son travail. Mercredi dernier, près de la Bastille, j’étais dans un studio, pas fier, devant un micro, à tenter d’articuler correctement les mots que j’avais écrits deux ans plus tôt. Pas facile. Toutefois, si mes quatre ou cinq tentatives approximatives permettent de bricoler une version acceptable, ma voix accompagnera un petit moment le souvenir de Dominique Laffin dans l’hommage qui lui sera rendu. Le montage ne fait que commencer et le film devrait passer à la télévision au mois d'octobre. Je vous tiendrai au courant.
Mise à jour (19 juillet 2007) : J'ai pu voir le film de Laurent Perrin, Dominique Laffin, portrait d'une enfant pas sage. J'en parle ici.
Mise à jour (31 octobre 2007) : Le programme de diffusion sur CinéCinéma Culte du documentaire de Laurent Perrin,de Passage secret, ainsi que de La Femme qui pleure, de Jacques Doillon, se trouve ici.





Hum il me reste un mois et demi pour m' encabler.
Rédigé par: marie | 13/05/2007 à 23h22
J'ai toujours dit que tu avais une voix. Quand tu dis c......s, c'est magnifique!
Rédigé par: yannick | 14/05/2007 à 20h23
Bravo, Yannick se réveille enfin: j'en suis heureux!!!
Rédigé par: JL | 14/05/2007 à 21h52
:)
Rédigé par: Turquois | 15/05/2007 à 13h11
Ma rencontre avec Dominique date d'un soir de la fin de l'hiver 1978. Nous avions sensiblement le même âge, à peine quatre ans de plus pour moi. Je m'étais réfugié avec une amie de l'époque dans un cinéma pour échapper à une tempête de neige. Le titre du film nous avait semblé un bon présage : "les petits calins"…
Je suis ressorti sous le charme de Sophie-Dominique, de sa moue boudeuse. Avec en tête la musique de sa voix si particulière. Jaloux de Roger Mirmont que j'ai depuis, et sans raison, considéré comme un bellâtre sans talent. Et allergique pour toujours au prénom Antoine.
Aujourd'hui encore, j'ai toujours chez moi l'agrandissement noir et blanc de Dominique que j'ai réalisé d'après une photo tirée du livre "comédiennes aujourd'hui". J'ai aussi le projet d'aller à Montmartre sur sa tombe, d'écrire à sa fille peut être…
Alors, bien sur ravi que quelqu'un se décide à lui rendre hommage.
Rédigé par: un amour de trente ans | 28/05/2007 à 16h03
Merci pour votre participation.
Rédigé par: Turquois | 29/05/2007 à 22h57