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C’est pour les voyages que Bernard Giraudeau offre à ses lecteurs au fil de ses livres que ceux-ci attirent. C’est pour ces mots qui sentent l’écume du petit jour, la boue des rivières africaines, le fuel des cargos, l’air pur des hauts plateaux ou la sueur des peaux inconnues que l’on saute avec autant d’envie dans son sillage. Au-delà, les pages de l’acteur fascinent pour les gens que l’on y croise, ces gens qui font comprendre au voyageur pourquoi il est parti ou parfois pourquoi il n’arrivera jamais.
C’est après eux que court le narrateur des Dames de nage, caméra à l’épaule. Dans ses documentaires, il veut capturer les visages, figer les regards à jamais, comme une obsession face à toute cette beauté qui lui échappe. Au début du livre, Marc Austère, c’est son nom, part sur les traces d’un ami mort en Afrique. Ce retour sur une terre qu’il connaît bien est l’occasion pour lui de tourner les pages d’un album où vont se succéder toutes les femmes qui ont traversé sa vie. Jo l’Africaine, Marcia la Sud-Américaine, sa mère, Marguerite, Ysé et d’autres encore. Des femmes qu’il a aimées, partagées, juste croisées derrière une vitre, écoutées, baisées aussi. Et puis il y a Amélie, l’amour d’enfance retrouvée, comme si rien n’avait changé.
Marc Austère court le monde à sa propre recherche, il se noie dans les histoires des autres de peur d’avoir à affronter la sienne, il se condamne à partir pour ne rien regretter. Sur cette base classique, Bernard Giraudeau montre de belle manière son empathie pour le monde et pour les autres. Le livre est une sorte de bilan de fin de première vie et l’on imagine qu’il est l’aboutissement d’un long trajet intérieur pour son auteur. Les Dames de nage est le livre d’un homme serein mais qui n’a plus de temps à perdre.
On savait bien que ce serait difficile, qu'il faudrait aller au charbon, y retourner encore et encore sans souffler, faire couler la sueur pour éviter les larmes. On savait que les Ecossais joueraient tous derrière, qu'il y aurait des murs, des barricades, que les ballons devraient changer de pieds très rapidement pour espérer troubler ceux qui avaient déjà gagné au match aller. On savait que ce serait difficile mais on ne pensait pas que ce serait impossible. On n'imaginait pas que l'attaque française pouvait rester stérile 90 minutes de plus. On savait pas, on pensait pas. On est un con, c'est pourtant bien connu.
De fait, le retour de Trézeguet, qui aura vécu trois heures de supplice contre les Ecossais, n'y a rien fait. Le Vicks VapoRub sur le haut du maillot de Vieira ne lui a pas donné le coeur suffisant, lui qui manque de compétition. Diarra, impérial défenseur contre l'Italie, a montré ses limites offensives à ce poste d'arrière droit qui n'est pas le sien en club. Globalement, si l'on excepte Ribéry et Anelka, les Bleus ont totalement manqué du rythme nécessaire pour prendre en défaut des Ecossais tout à fait prêts, eux. Neuf fois sur dix, ils ont même été incapables de tirer un corner correctement. Thuram avait beau, comme à son habitude, recadrer ses collègues le regard noir et les mains menaçantes, c'était impossible. Comme quinze autres Bleus quelques jours plus tôt, ces onze-là étaient incapables de mettre à mal un adversaire pourtant à leur portée. Pire, c'est presque sans surprise, pratiquement à la même minute que l'an dernier, que les Ecossais ont poignardé les Français dans le doute. Les entrées de Benzema et Nasri ne changèrent rien : l'Ecosse est devenue la bête noire des Bleus.
On se dit pourtant que ce sera plus facile contre les Îles Féroé et la Lituanie. On se dit que la rencontre entre l'Ecosse et l'Italie pourrait nous relancer. On imagine les Français capables d'un bon résultat dans la douceur du novembre ukrainien. On reste confiant. On a la mémoire courte.
Tiens, grâce à Arcade Fire, j'ai couru 34 minutes 30 ce soir. Jusqu'à Ocean of Noise. Je n'ai pas écouté l'album Neon Bible mais la set list du concert de Nîmes. Ça c'est du blog !
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