Bom Dia

Damien Guinet
un Blog-It Express chez vous ? Blog-It Express

Senso

Bon voyage

Bon à rappeler

  • Ce blog est le seul moyen que Turquois a trouvé pour être Directeur. En l'occurence, de la publication. C'est lui qui fait tout ici, sauf le ménage. Toutes les nuits, ces pages sont repeintes en bleu ; au petit matin, toutes les lettres des notes sont trempées dans la vanille. Ces opérations sont effectuées par les équipes de Sixapart SA, dans leurs bureaux du 48 rue de la Bienfaisance 75008 Paris (01 45 61 20 85). Si vous voulez me contacter pour me faire des compliments, c'est facile, j'ai Internet.

« octobre 2007 | Accueil | décembre 2007 »

novembre 2007 notes

Bonjour New York - Françoise Sagan

Newyork_2

Ce n'est pas vraiment un livre mais plutôt un carnet : 54 pages de petit format à la grosse écriture bleue. Le mince recueil comprend quatre articles écrits à l'origine pour le magazine Elle. Le premier donne son nom à l'ensemble - il donc éponyme de l'ouvrage - et les suivants emportent le lecteur vers Naples, Capri et Venise. Les textes de Françoise Sagan datent de 1954 pour l'Italie et de 1956 pour New York. Il s'en dégage un fraîcheur, un sens de l'observation et un talent d'écriture, fait de concision et de belles formules - "à Naples, la beauté reste impunie" - qui sont merveilleux.

Les thèmes évoqués n'évitent pas les clichés mais ce qui est cliché en 2007 n'était encore, il y a cinquante ans, que nouveauté et inattendu, surtout pour une jeune fille de 20 ans. A cet âge, Sagan aime déjà la nuit - "nuits étirées de Harlem, comment vous oublier jamais…" -  les cafés et les restaurants à la mode. On l'imagine promenant sa fine silhouette derrière ses lunettes de soleil et prenant des notes en souriant, au fil de ses déambulations, entre la sieste de l'après-midi et le souper de fin de soirée dans l'endroit le plus couru de la ville.

Bonjour New York est un récit de voyage emballant, plutôt dans le genre mocassins blancs que godillots évidemment. Il donne envie de partir, notamment à Capri, sans doute l'article le plus réussi, pour voir si ce monde que décrit Sagan existe encore, si son souvenir est encore visible sur les pierres. Bonjour New York donne envie de partir et d'écrire.

Bonjour New York, Françoise Sagan - Editions de L'Herne - 9,5 euros (ouais…).

Une nuit à la plage

The Belgian Coffee Time

Bandedebd

Comme je suis du genre à oublier assez vite – voire à ne plus me rappeler du tout à cause des neurones qui fondent – je crois que je vais retenter ma chance en Belgique. Prudent malgré tout, je vais le faire sans bouger de chez moi, grâce à Internet, et simplement participer au deuxième concours de photos organisé par Olivier. J’avais fini troisième au premier, ce qui prouve bien que mon cas n’est pas totalement désespéré en Belgique. Je retente ma chance, notamment parce que les chocolats Neuhaus, c’est tout de même très difficile de passer à côté sans tendre la main… Je n’ai pas encore choisi la photo mais ça va venir. Cette fois-ci, ce sont les participants qui voteront pour élire les gagnants. Allez-y, c’est ouvert à tous !

The 2nd Belgian Coffee Time Contest
Recommandé par des Influenceurs

L'Heure zéro - Pascal Thomas

Heurezero

Le début du nouveau film de Pascal Thomas est troublant. Des scènes se déroulent, qui n'ont pas de lien entre elles, sans que l'on sache pour qui, pourquoi, ni où, ni comment. On s'inquiète vite de cette succession qui retarde le vrai début du film. Et l'on a tort car, comme en cuisine, un film policier, un film à énigme, a besoin de différents ingrédients, dont certains doivent parfois n'être préparés que partiellement au début de la recette. Ainsi, les œufs sont cassés pour en extraire les blancs, sans pour autant que les jaunes ne soient battus dans le même temps. Après un quart d'heure de film, différents personnages ont donc été mis en place, des gestes effectués, puis remisés sans plus d'explication ; ils auront néanmoins leur importance dans l'amalgame final.

Après Mon petit doigt m'a dit, Pascal Thomas s'amuse pour la deuxième fois avec un roman d'Agatha Christie. Une immense maison sombre de Dinard accueille tous les protagonistes d'une histoire qu'il sera bien difficile de tirer au clair. En surplomb de la mer, les regards pleins de sous-entendus s'échangent, les portes s'ouvrent et se referment, les parquets grincent et les coups de balai sont mortels. Pascal Thomas filme ses acteurs dans une ambiance qui fait penser à la BD, les effets sont volontairement appuyés et l'on sent que les acteurs s'amusent à jouer en forçant juste un peu plus que ce qui serait suffisant.

Ce n'est pas le cas de Laura Smet, qui explose quant à elle tous les compteurs de mesure, avec un personnage d'hystérique, jalouse et parano insupportable. Vraiment too much ; dommage que le réalisateur n'ait pas cru bon de la recadrer. Pour sa part, Melvil Poupaud est très bien en Cary Grant de l'Ile-et-Vilaine et François Morel très à l'aise en flic distrait de ses vacances par le crime qui rode et qui frappe. L'Heure zéro, plus drôle et léger que Mon petit doigt m'a dit, est un film ludique et typé, qui donne envie de voir maintenant Pascal Thomas adapter un vrai grand classique d'Agatha Christie. Il ne lui reste plus qu'à trouver son Hercule Poirot ou sa Miss Marple.

Ciel 3212

3212cielbleu1_2

Voir la suite

Le Coeur des hommes 2 - Marc Esposito

Deshommes1

On en a vu beaucoup des films de copains. On les voit toujours avec tendresse, riant aux éclats ou la larme à l'oeil. Pour ne prendre que deux exemples français, Yves Robert (Nous irons tous au paradis, Un éléphant, ça trompe énormément) ou Claude Sautet (Vincent, François, Paul et les autres) ont excellé dans le genre, masculin en l'occurrence. Avec Le Cœur des hommes, Marc Esposito avait su, grâce à son beau quatuor de costards, s'inscrire sur la liste d'un héritage dont il pouvait prétendre obtenir une belle part. Un magot fait de blagues de potaches, de silences pudiques, d'engueulades  tonitruantes, de connivences implicites, de bouteilles partagées et de virées à la mer.

Il était logique et tentant d'oser une suite, d'autant plus qu'elle était attendue et souhaitée par le public enthousiaste du premier opus. Malheureusement, cette suite est ratée. La mayonnaise qui prenait si bien entre les Quatre dans le Un reste liquide dans le Deux. On ne sent plus la même proximité entre les personnages masculins, la franche camaraderie semble avoir un peu déserté le plateau. Les répliques drôles du Cœur des hommes ("Il est devenu bouddhiste le charcutier ?") sont absentes de sa suite et certaines sont même d'une vraie lourdeur. Au plan du scénario, le revirement de Nanou, jouée par Catherine Wilkening, est vraiment très rapide et injustifié, tandis que la facilité avec laquelle Jeanne/Valérie Kaprisky, par ailleurs très bien, se laisse séduire par l'un des Quatre est tout simplement inouïe.

Au final, comme toujours, ce sont les femmes qui sauvent les hommes à la dérive. Ce sont elles qui élèvent le niveau et apportent la tendresse que les mecs semblent avoir perdue entre eux. Florence Thomassin, en douce folle pas si conne, et Valérie Stroh, en amoureuse trop raisonnable, sont touchantes et superbes. La fin du film laisse la porte ouverte à un Cœur des hommes 3. On a hâte d'y revoir certaines femmes.

Jardins du Musée Albert Kahn

Jardin_kahn_14_2

Voir la suite

Arcade Fire - Bruxelles Forest National

Fire

Que c’est bon de se glisser dans la chaleur d’un concert dont on a déjà vu une représentation quelques mois plus tôt. Savoir d’où viendront les plaisirs, s’attendre aux surprises, retrouver ses marques pour mieux les perdre. De nouveau, deux premières parties à attendre puis le ballet des techniciens qui apportent les instruments, les accordent, rangent, ajustent, équilibrent, testent, tâtonnent, chatterton. Enfin, quelques notes de guitare et, comme prévu, c’est Keep the car running qui déboule en trombe sur la foule du Forest National, scandée par la dizaine de poitrines qui lui font face. Arcade Fire est au rendez-vous et occupe déjà tout l’espace d’une scène peut-être davantage éclairée qu’à Nîmes. Quelques secondes sont nécessaires pour se remettre de la claque que provoque cette arrivée ; les yeux ne sont pas assez vifs pour saisir l’ensemble du tableau au cœur battant qui s’anime dans les couleurs chaudes. Les « Oh, Oh, Oh… » s’enchaînent car, c’est bien connu, les chansons d’Arcade Fire sont des hymnes qui rendent aussitôt patriote et fidèle.

A Bruxelles, le public, de 8 à 65 ans, reste néanmoins bien sage, plus spectateur qu’acteur, davantage sympathisant que fan véritable. Win Butler a pourtant entamé le concert en lançant dans un sourire : « Ça va ? ». Moyen, sans doute. Comme cette guitare que le leader des Canadiens ne parvient pas à entendre sur Black Mirror, ce qui le conduit à manquer quelques paroles, occupé qu’il est à multiplier les gestes exaspérés vers la console des techniciens, attitude de fou furieux qu’il compense en adressant un petit sourire à la salle dès qu’il se replace devant le micro. L’énergie, lorsqu’elle ne vient pas du public, peut sans doute être trouvée dans la tension, surtout après 11 mois de tournée. Toutefois, ces centaines d’heures passées sur les routes, souvent aériennes, ne semblent pas avoir entamé l’enthousiasme de la troupe. Chacun se donne au public et s’offre aux autres membres sans calcul, ne retenant pas son plaisir de chanter, même si aucun micro n’est à portée. C’est peut-être un détail mais ça veut dire beaucoup. Arcade Fire est une association d’ID, des identités multiples et variées qui fusionnent avec rage et envie le temps d’un concert. Régine Chassagne s’extrait de ce melting potes à petits pas, la tête levée vers un micro branché sur les étoiles. Elle chante In the backseat la voix glissante et les yeux higher.

Puis, après le morceau de bravoure que constitue Antichrist Television Blues, Power out explose au cœur du Forest National. Direction la fosse, où il fait environ 70°C de plus que sur les gradins. Les mains sont levées, les cheveux sont mouillés, une onde parcourt le sol se frayant un chemin entre les jambes qui tremblent. « Feel free to stand up and dance » lance d’abord Win Butler aux travées amorphes puis « Get the fuck out of your seats » un rien plus énervé. Soudain, un tambour, un vrai, traverse l’espace au ralenti. Il passe en suspension devant les visages qu’il touche presque, pour finir sa course aux pieds des assis. Will Butler, le frère, le suit de près, partant à l’abordage des rangés, organisant la mutinerie et le repli des badgés. L’heure de la Rebellion a sonné. Liiiiiiies ! Chanter le plus fort possible, respirer un peu, chanter encore. Rendre ce que l’on reçoit, faire partie, suer pour se glisser dans l’air qui souffle des enceintes, laisser la musique faire le ménage en soi, lâcher prise pour ne plus se reconnaître.

Déjà les rappels, la fosse devient liquide. Intervention, chantée à la lumière des étincelles, et Wake up, la bienvenue, accueillie comme il se doit, reprise à corps et à cris, à hue et à dia. Encore une fois, une dernière fois. Wake up, un fruit dont le jus se régénère sans fin, une évidence que l’on ne se lasse pas de rappeler. Mais Arcade Fire quitte la scène et ne revient plus. On n’en revient pas, non plus.

A tes risques chez les Belges

Nowhere

J’étais pourtant venu faire la paix, enterrer les rancunes dans la terre humide du Bois de la Cambre, noyer les menaces et les ultimatums à l’alambic. J’étais venu alléger les restes de peine par des frites à la mayonnaise bien grasse. J’étais venu oublier que dix ans plus tôt, la Belgique m’avait menacé d’expulsion parce que je n’avais toujours pas trouvé d’emploi après un an de recherches infructueuses. J’étais pourtant ressortissant d’un autre pays de l’Union européenne et je ne touchais aucune somme de l’Etat belge. Au contraire, par ma présence, ma compagne, qui travaillait, dépensait deux fois plus tous les jours en nourriture, vêtements, transports, loisirs… J’étais venu rayer d’un coup de canif rouillé le souvenir du commissaire Machin-man qui, à l’exposé de la situation, avait lancé depuis son bureau absolument vide de tout papier ou objet : « Vous savez, moi, je ne suis pas payé pour réfléchir ». C’était il y a dix ans, à l’époque affreuse où l’on retrouvait des petites filles mortes dans les caves des maisons.

Bien loin de ces horreurs, j’étais surtout venu voir Arcade Fire, sans illusion sur ce que je pouvais encore attendre de ce plat pays. Alors quand je me suis levé au début de Power out, qui annonçait les quatre dernières chansons du concert, quand je me suis mis à danser enfin, après avoir gigoté sur mon siège, au bord de l’allée, et chanté comme un fou jusque-là, honnêtement, je n’ai pas été plus surpris que ça de sentir une main me taper sur l’épaule. Un type à badge me demandait de m’asseoir car il était interdit de se lever. A Bruxelles, il est donc interdit de se lever de son siège pour danser lors d’un concert de rock. Le fait est qu’à cet instant, j’étais le seul à être debout dans cette partie du Forest National. Personnellement, je n’avais entendu parler d’interdictions de danser durant les concerts qu’à propos de la Chine, et encore, c’était au siècle dernier.

J’avais deux possibilités : mettre mon poing dans la gueule de ce faux tueur de trouble ou rejoindre la fosse comme il m’y invitait. La fosse, à près de 40 ans, le risque n’est pas négligeable que la descente soit définitive. J’ai pourtant choisi cette deuxième solution avec le sourire, et aussi le secret espoir de leur laisser mon cadavre sur les bras. Une fois en bas, j’ai relevé la tête vers les gradins. Un spectateur dansait à son tour sur les marches ; à côté de lui, le cerbère lui demandait de s’asseoir mais l’autre continuait en le regardant, un grand sourire aux lèvres. Quelques secondes plus tard, il était remonté jusqu’à la sortie supérieure, attrapé par les bras, notre ami commun ayant appelé l’une de ses collègues à la rescousse.

Pendant ce temps, toujours dans Power out, Win Butler en était au moins à son troisième « Get off your fucking seats !!!!! », prêt à balancer sa guitare dès qu’il n’en aurait plus besoin, n’imaginant pas les lourdeurs qui maintenaient les gens assis. C’est finalement grâce à son frère Will, envoyé en détonateur avec son tambour dans les gradins à droite de la scène, que Win obtint satisfaction, faisant craquer les rotules de rangées entières et envoyant chier l’administration, toujours prompte à battre en retraite lorsque le rapport de force n’est plus en sa faveur. Comme j’étais venu faire la paix, j’ai plutôt pris cette nouvelle expulsion à la rigolade. Je riais d’ailleurs encore dans mon lit à deux heures du matin, alors que je cherchais le sommeil. Tout cela est très anecdotique, je le reconnais, comme ce pays qui n’en est plus un depuis longtemps, maintenu sous un respirateur qu’il faudra bien se résoudre à débrancher un jour.

Je ferai ultérieurement une note sur le concert en lui-même.

L'automne quelque part

Automne1_2

Voir la suite

Boa Tarde

Envoyez vos verres

Mes photos sur Flickr

  • www.flickr.com

Revue de blogs

Blog powered by TypePad
Membre depuis 01/2005