Bom Dia

Damien Guinet
un Blog-It Express chez vous ? Blog-It Express

Senso

Bon voyage

Bon à rappeler

  • Ce blog est le seul moyen que Turquois a trouvé pour être Directeur. En l'occurence, de la publication. C'est lui qui fait tout ici, sauf le ménage. Toutes les nuits, ces pages sont repeintes en bleu ; au petit matin, toutes les lettres des notes sont trempées dans la vanille. Ces opérations sont effectuées par les équipes de Sixapart SA, dans leurs bureaux du 48 rue de la Bienfaisance 75008 Paris (01 45 61 20 85). Si vous voulez me contacter pour me faire des compliments, c'est facile, j'ai Internet.

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décembre 2007 notes

Si tu ne vas pas à la gare…

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Grincheux Noël

- Tu as entendu ? C’est Noël.
- Oui. Difficile d’y échapper.
- J’aime bien cette période de l’année. La famille, les amis, le sapin, les cadeaux, les lumières…
- La dinde, le foie gras, les huîtres, les langoustes, les langoustines, le champagne, le blanc, le rouge, le champagne, la poire, le fromage, les marrons. J’aime pas bouffer.
- Noël, c’est aussi une occasion de se retrouver, de discuter, de rattraper un peu du temps qui file.
- Ouais, de parler de comment t’as rôti ta dinde, d’où t’as acheté ton champagne. Et ton fromage, il est au lait cru ? Et ton foie gras, il est mi-cuit ? Et ta langouste, elle a pris le train ou le camion ? Combien de cuisson pour ton chapon ? Ça me dégoûte.
- Enfin ! T’es pas obligé de parler de ça. Tu peux choisir d’autres sujets de conversation. Et puis Noël, c’est pas que la bouffe quand même !
- Parce que t’imagines un réveillon avec rien à manger ? Tes invités, ils restent 20 minutes et tu les revois plus. Jamais. On peut pas pardonner ça.
- Je te suis pas. Tu dis que tu n’aimes pas manger mais tu dis aussi qu’on n’a pas le choix. On a toujours le choix. Tu fais quoi toi à Noël ?
- Comme tout le monde. Si je suis invité, je mange comme quatre. Si j’invite, je prends dix fois trop.
- …
- J’sais plus où j’en suis.

Joyeux Noël

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The Belgian Coffee Time Contest

 

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GAGNE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

Merci à ceux qui ont voté pour moi.

Carla Bruni et Nicolas Sarkozy

- Tu as entendu ? Carla Bruni est avec Nicolas Sarkozy. Il paraît même qu'ils vont se marier.
- T'es sûr ?
- Oui, ils ont été pris en photo à Disneyland ce week-end.
- Carla Bruni ? Merde alors. Sarkozy avec un mannequin !
- Non, Carla Bruni, c'est une chanteuse.
- Oui mais elle fait aussi le top modèle.
- Sarkozy, c'est avec Carla Bruni Chanteuse qu'il veut se marier. Carla Bruni Mannequin, elle est trop grande pour lui.
- Elle est plus petite Carla Bruni Chanteuse ?
- Non mais tu peux lui plier les jambes pour poser la guitare.
- Mais comment tu le sais au fait ?
- Parce que quelqu'un m'a dit.
- Non mais t'imagines Carla Bruni à côté de Laura Bush pendant un sommet du G8 ? Déjà, leur économie n'est pas au mieux mais quand ils vont voir ça les Américains, c'est la dépression assurée. lls vont demander à être remboursés.
- T'es dur, elle est bien Laura Bush.
- …
- Hein ? Oui, c'est vrai qu'on l'a jamais entendue chanter.
- Attends, tu dis qu'ils ont été pris en photo à Disneyland ? Tu confonds pas avec Blanche-Neige et Grincheux ?
- T'es con.
- J'en reviens pas.
- Moi ça ne m'étonne pas. Je trouve qu'elle ressemble à Cécilia, avec dix ans de moins.
- Quand même, elle avait pas soutenu Ségolène Royal pendant la présidentielle Carla Bruni ?
- Bernard Kouchner aussi il a soutenu Ségolène Royal. Et maintenant, il est avec Sarkozy.
- …
- …

- T'es sûr ?

Senso - Hiver 2007

Sensorio

Longtemps, Senso a désorienté ses fidèles avec bonheur. Chaque caresse à ses pages colorées et intelligentes était le point de départ pour des voyages où les repères s'estompaient pour faire place à des sensations nouvelles, des parfums inconnus ou des souvenirs oubliés. Avec ce dernier numéro en date, Senso désoriente un peu plus ses lecteurs, en les comblant par cette nouvelle parution mais en les inquiétant quant à la logique qui préside dorénavant à sa publication.

Dans le premier numéro de sa nouvelle formule, sorti en juillet et intitulé "n°28 Eté 2007 (juillet/août/septembre)", Olivier Barrot et Thierry Taittinger annonçaient un nouveau rythme trimestriel, ainsi que des projets télévisuels et sur Internet. Mais octobre est passé et ce n'est que fin novembre que Senso a finalement pointé le bout de son nez, comme si de rien n'était. Un album intitulé "n°29 Hiver (décembre/janvier/février)", alors que l'éditorial, en page 5, annonce pourtant un numéro… d'automne.

C'est donc en se demandant s'il y a toujours un pilote dans la caravelle que l'on se glisse entre les pages du magazine des plaisirs et des mots. Cette petite angoisse est heureusement bien vite passée car le décollage est réussi. Senso nous emporte encore une fois avec bonheur vers des rives où il fait bon s'étendre avant de se laisser flotter un peu plus loin pour une nouvelle halte. Cette fois, il est question notamment de Solex, de John Malkovich, de Brésil (de Rio, de Sao Paulo et des motéis), d'hôtels, d'opéra, de Sahara et même de pot-au-feu.

Senso ouvre également ses pages aux photos de David Hamilton. Espérons que le flou dans lequel semble naviguer le magazine ne sera que passager.

Noël en décembre

Once - John Carney

Once

C'est la deuxième scène du film. Un type chante la nuit seul dans la rue en grattant sa guitare. Il commence doucement puis, alors que la caméra s'approche de lui, sa voix prend soudain une force incroyable, explose dans la rocaille et les poils de sa barbe rousse. La chanson se termine et le type semble groggy par sa propre performance. Il rouvre les yeux et elle est là, devant lui. Tout est presque dit en deux minutes.

Ils se trouvent parce qu'il chante dans cette rue tous les jours et qu'elle y vend des roses aux passants. Ils se trouvent parce qu'elle aime sa chanson et qu'elle lui dit. Il se trouve qu'elle sait aussi chanter et jouer du piano. La musique est bien sûr centrale dans Once, un film chanté, enchantant et délicat. Once est aussi un film modeste. La caméra est souvent à l'épaule, la nuit souvent tombée, les décors aussi naturels que les acteurs. On voit les gens se retourner sur ces derniers qui évoluent au milieu de la foule ; dans d'autres scènes, l'éclairage est à peine suffisant. Once n'est pourtant pas un film mal foutu, c'est un film simple, centré sur une histoire simple : un homme, une femme et la musique.

La réussite de John Carney est d'éviter tous les pièges habituels de ce genre de romance, de ne pas exagérer dans le sucré, de ne pas chercher à tout prix les larmes salées. Qui plus est, Glen Hansard a une voix magnifique et Markéta Irglova est mignonnette. Leurs déambulations dans les rues de Dublin ont le charme des belles rencontres, des vies bancales, des chances qui tournent et des aspirateurs en panne.

Ciel d'encre

Correspondance de Groucho Marx - Jean-Pierre Marielle

Grouchomarx

Le décor est sombre et sobre, simplement traversé par un canapé de cuir clair et quatre chaises identiques. Un peu en retrait, dans un coin, une table de maquillage, et à l'opposé, un trio de jazz qui lance les premières phrases de la soirée. Lorsque la musique s'arrête, Pierre Vernier entre en scène, texte de la pièce en main, et lit la première lettre. Jean-Pierre Marielle, lunettes marxiennes et moustache au cirage, lui répond en tournant les pages, texte en main lui aussi.

C'est un Groucho plutôt désabusé et fatigué que le choix effectué par Patrice Leconte dans sa correspondance fait apparaître. Bien sûr, Marx trempe sa plume dans la dérision, se moquant de lui-même et des autres lorsqu'il écrit à ses amis, à ceux qui le sollicitent ou à ceux qui lui cherchent des noises. Mais cet humour, ce non-sense, ne masquent pas la lassitude de l'acteur, de l'animateur de radio puis du retraité, qui passe ses journées entre sieste et télévision avant de s'envoler "pour le pays des rêves dans l'attente fiévreuse des émotions que le jour suivant (lui) réserve".

Le spectacle est drôle, notamment lorsque Groucho, répondant aux Warner Brothers qui l'accusent de reprendre le nom "Casablanca" pour le titre du prochain film des Marx, indique que premièrement, tout le monde saura faire la différence entre Harpo et Ingrid Bergman et que, deuxièmement, les Warner utilisent eux-mêmes le mot "Brothers", alors que les Marx étaient frères bien avant eux. Mais dans l'ensemble, on est très loin de la folie qui était celle du moustachu. Ainsi, la Correspondance comprend trois réponses aux frères Warner, de plus en plus délirantes, dont seule la première est reprise dans le spectacle.

Sur la scène, Jean-Pierre Marrielle joue avec la distance qu'il affectionne au théâtre, sourire aux lèvres ; il claque des doigts durant les intermèdes musicaux en fermant les yeux ; il change de place sur le canapé. Pierre Vernier fait plus l'acteur, du moins autant que cela est possible dans le format de la pièce. Les lettres s'enchaînent devant un Théâtre de l'Atelier loin d'être rempli. La torpeur guetterait presque le spectateur s'il n'était pas heureux de voir ces deux Rolls échanger ces amabilités, les yeux brillants de cette belle connivence qui est celle des vieux copains.

Boa Tarde

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