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Merci Olivier !
Le sous-sol du Bon Marché accueille jusqu’au 16 février les photos d’Harry Gruyaert. Au cours de ses divers reportages effectués à travers le monde, ce Belge né à Anvers a pris sans y penser de nombreux clichés des plages, grèves et baies semés sur son chemin, sans qu’ils n’aient de lien direct avec les sujets qu’il traitait alors. La compilation de nombre de ces photos constitue aujourd’hui la base d’une exposition, ainsi que d’un livre, paru aux Editions Textuel.
Les rivages d’Harry Gruyaert sont saisis sous des cieux souvent inamicaux, sans doute les peintres flamands l’ont-il influencé, et dans des conditions de lumière parfois limites. Dans ces ambiances de calme précédant la tempête, d’éclaircie vive après l’orage ou de temps suspendu qui suit l’échouage du soleil, le photographe sait trouver l’objet de couleur, l’éclat de lumière ou les lignes d’écume qui donnent leur intérêt à ses compositions. Sur de nombreux tirages, le grain est très présent, voire envahissant, jusqu’à devenir une composante centrale des images, et contribuer à un équilibre souvent magique qui s’établit entre des nuages qui plombent et menacent, des brumes qui voilent et enveloppent ; ce grain est absent des photos les plus récentes, prises après qu’Harry Gruyaert est passé au numérique, et qui, du coup, n’ont pas le même charme. Pour leur part, les personnages sont souvent réduits à des silhouettes noires qui ponctuent sans s’imposer, mais qui assurent la respiration des compositions et évoquent l’inévitable humilité qui naît chez l’Homme face à la mer.
Pour éviter tout malentendu, je me dois de préciser que la photo qui illustre cette note a été prise par mes soins.
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