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Alain Bashung - Chorus 2008

Bashung

Les musiciens sont déjà en place lorsqu’il arrive. Une silhouette sombre dans la lumière blanche, comme un flamant noir perché sur ses longues pattes, coiffé d’un chapeau et de lunettes de soleil. Noire aussi, la guitare qu’on lui tend avant qu’il ne s’assoit sur un tabouret. « Bonsoir », lance l’homme au public ; il est 22 heures et Bashung entame son concert avec Comme un Lego, l’une des chansons écrites par Manset pour Bleu Pétrole. Neuf minutes adressées depuis ce « grand terrain de nulle part » au « noir sidéral ». Un pari casse-gueule, ceux qui attendaient l’heure des concessions pourront repasser. Suivent Je t’ai manqué et Hier à Sousse, plus puissante à la scène qu’au studio.

Du dernier album, Tant de nuits, le guilleret Secret des banquises et les deux reprises Suzanne et Il voyage en solitaire seront les seules à ne pas être au rendez-vous. La voix est claire et forte quand il le faut, plus douce à d’autres instants, avec ces petites variations qu’on lui connaît, ces petits dérapages élégants et maîtrisés. Bashung ne parle pas entre les chansons. Il lève son verre d’eau en réponse à un « Bravo Alain ! » lancé par la salle. Bashung est concentré comme un funambule qui n’aurait plus d’équilibre hors de son fil.

La nuit, je mens. La batterie ne commence qu’au deuxième refrain, plus tard que sur le disque. Mais les frissons sont là. « D’estrade en estrade/J’ai fait danser tant de malentendus/Des kilomètres de vie en rose ». Cette phrase existe donc bien. Samuel Hall et What’s in a bird secouent les fondations de l’Arche de la Défense et un public au sein duquel beaucoup étaient surtout venus pour voir. Les chansons les plus applaudies sont sans surprise Osez Joséphine, impeccable puis, durant le premier rappel, Madame Rêve, magique, et Vertige de l’amour, rajeunissant. Juste avant, les fans se lèvent et viennent occuper le devant de la scène, surprenant Bashung qui revient à sa place.

Deuxième et dernier rappel, seul, guitare à la main. Angora de Fantaisie militaire : « Le souffle coupé/La gorge irritée/Je m'époumonais/Sans broncher ». Plus personne ne bouge. Nights in white satin : « And I love you ». La foule répond par ses applaudissements et sûrement aussi par quelques mots dans les premiers rangs. « Mais moi aussi je vous aime » laisse alors échapper le flamant noir en se retirant, la voix floue pour la première fois de la soirée. Minuit. La salle se rallume pendant que les mains s’éteignent inexorablement. Sur la scène vide, le micro de Bashung est toujours éclairé.

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Voici les sites qui parlent de Alain Bashung - Chorus 2008:

Commentaires

wooooow !

Merci marie.

merci....

Baah c'est bizarre, j'aurais juré avoir lu la prose footbalistique de JL ici-même hier ou avant-hier. Un coup de vent?.. ou j'ai rêvé !

Un coup de vent...

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