Toutes mes photos du Festival du Film Francophone d'Angoulême, de la ville et des acteurs, sont ici.
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03/09/2008 dans Cinéma, Photos | Lien permanent | Commentaires (0) | TrackBack (0)
Après quatre jours de projections, le premier jury du premier Festival du film francophone d'Angoulême (FFA) a rendu son verdict hier soir sur la scène du Théâtre de la ville.
Le Valois du meilleur film a été attribué à Mascarades, de Lyes Salem, dont la sortie est prévue en France pour le 3 décembre prochain. La distinction est méritée car ce film est une réussite. Lyes Salem, qui tient lui-même le rôle principal, y aborde avec beaucoup d'humour les thèmes du respect des traditions (le frère qui veut un bon mari pour sa soeur), de la fierté des Méditerranéens et de l'amitié. Mascarades est aussi une jolie comédie de village, un peu italienne, un peu provençale, tout à fait algérienne.
Le Valois de la mise en scène a été décerné à Ursula Meïer, pour son film Home, qui sortira le 29 octobre. L'histoire est celle d'une famille qui habite une maison collée à une autoroute abandonnée. Un jour, la voie est rouverte mais la famille ne déménage pas. Ce film est très étonnant, totalement original, à la fois tendre, drôle, inquiétant puis terriblement étouffant. Tous les acteurs sont épatants dans ce Highway to hell helvétique, notamment Isabelle Huppert et Olivier Gourmet, ainsi que le petit Kacey Mottet, qui a d'ailleurs reçu une mention spéciale de la part du jury. A voir sans hésitation mais sous oxygène.
Le Valois de la meilleure actrice est revenu à Yolande Moreau pour son rôle dans Séraphine, de Martin Provost. L'histoire, vraie, qui se déroule au début du XXème siècle, est celle d'une femme à tout faire, simple et mystique, qui peint des toiles sublimes. Un jour, elle est repérée par un collectionneur et marchand d'art. Yolande Moreau est évidemment parfaite dans la peau de Séraphine, à laquelle elle prête son jeu de dentelle et de sang. Ce film en petites touches - il y est question de peinture - aurait mérité d'être un peu plus court toutefois.
Le Valois du meilleur acteur a été remis à Maxime Dumontier, pour son rôle dans Tout est parfait, d'Yves-Christian Fournier. Je n'ai vu ni ce film, ni Borderline (la deuxième salle du CNDBI est trop petite !!), de Lyne Charlebois, qui a obtenu pour sa part le Valois du public. Enfin, comme Kacey Mottet, le film Faro, de Salif Traoré, a reçu une mention spéciale du jury. A l'année prochaine, à Angoulême, très belle ville incroyable, où, comme le relevait avec grand étonnement Lyes Salem lors de la remise de son prix, les automobilistes s'arrêtent pour laisser passer les piétons qui souhaitent traverser.
01/09/2008 dans Cinéma, Photos | Lien permanent | Commentaires (5) | TrackBack (0)
01/09/2008 dans Cinéma, Photos | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
31/08/2008 dans Cinéma, Photos | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
31/08/2008 dans Cinéma, Photos | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
Il parle beaucoup Luchini, ce n’est pas une surprise. Il s’assoit sur le banc du jardin de l’hôtel et il parle. Il est venu à Angoulême car c’est Besnehard qui le lui a demandé et qu’il le connaît depuis bientôt 30 ans. Il connaît aussi la ville, depuis plus longtemps encore. Mais il ne va pas raconter l’anecdote, il la raconte depuis 25 ans. Il la commence seulement, tout le monde la connaît. On lui avait demandé de quitter Paris pour tenir le Drugstore de la ville, il avait accepté ; la fille de Labro l’avait présenté à son père, qui lui avait donné un rôle, avant de le présenter à Rohmer. Il commence, et il termine finalement. Aujourd’hui, Luchini n’a pas de maison à Angoulême mais sur l’île de Ré, « comme Lionel » ajoute-t-il. Régulièrement, il fait rire Besnehard à côté de lui, annonçant que son ami va rejoindre l’ex-parti trotskiste pour le fusionner avec le PS. Ainsi, il sera enfin possible de taxer le capital.
Fabrice Luchini n’est pas en
promo. Son dernier film est sorti et n’a plus besoin de lui. Il avise un
résident de l’hôtel qui le prend en photo depuis la fenêtre élevée de sa
chambre. Il se rapproche de Besnehard pour que ce paparazzo ait un scoop.
Luchini parle et les professionnels en oublient leurs questions. Tout le monde
regarde et sourie. Une journaliste lui dit même qu’il est très séduisant. Il
assure qu’il n’est toujours pas habitué à ce genre de compliment. Le soir,
Paris, de Cédric Klapish est présenté en plein air. Luchini rappelle qu’il
s’est passé 15 ans entre leur premier film en commun et celui-ci. Un acteur
dépend toujours du désir des autres, ajoute-t-il.
Luchini parle aussi de Jean Vilar, du théâtre, de sa prochaine venue à Angoulême pour Le point sur Robert, son vrai prénom. Il s’interrompt beaucoup lui-même, bouge les bras, lève les yeux, baisse la tête, rit. Tout le monde écoute et se marre. Comme au spectacle.
Les vidéos de cette rencontre sont ici.
31/08/2008 dans Cinéma, Photos | Lien permanent | Commentaires (2) | TrackBack (0)
C'est la deuxième scène du film. Un type chante la nuit seul dans la rue en grattant sa guitare. Il commence doucement puis, alors que la caméra s'approche de lui, sa voix prend soudain une force incroyable, explose dans la rocaille et les poils de sa barbe rousse. La chanson se termine et le type semble groggy par sa propre performance. Il rouvre les yeux et elle est là, devant lui. Tout est presque dit en deux minutes.
Ils se trouvent parce qu'il chante dans cette rue tous les jours et qu'elle y vend des roses aux passants. Ils se trouvent parce qu'elle aime sa chanson et qu'elle lui dit. Il se trouve qu'elle sait aussi chanter et jouer du piano. La musique est bien sûr centrale dans Once, un film chanté, enchantant et délicat. Once est aussi un film modeste. La caméra est souvent à l'épaule, la nuit souvent tombée, les décors aussi naturels que les acteurs. On voit les gens se retourner sur ces derniers qui évoluent au milieu de la foule ; dans d'autres scènes, l'éclairage est à peine suffisant. Once n'est pourtant pas un film mal foutu, c'est un film simple, centré sur une histoire simple : un homme, une femme et la musique.
La réussite de John Carney est d'éviter tous les pièges habituels de ce genre de romance, de ne pas exagérer dans le sucré, de ne pas chercher à tout prix les larmes salées. Qui plus est, Glen Hansard a une voix magnifique et Markéta Irglova est mignonnette. Leurs déambulations dans les rues de Dublin ont le charme des belles rencontres, des vies bancales, des chances qui tournent et des aspirateurs en panne.
06/12/2007 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (7) | TrackBack (0)
Le début du nouveau film de Pascal Thomas est troublant. Des scènes se déroulent, qui n'ont pas de lien entre elles, sans que l'on sache pour qui, pourquoi, ni où, ni comment. On s'inquiète vite de cette succession qui retarde le vrai début du film. Et l'on a tort car, comme en cuisine, un film policier, un film à énigme, a besoin de différents ingrédients, dont certains doivent parfois n'être préparés que partiellement au début de la recette. Ainsi, les œufs sont cassés pour en extraire les blancs, sans pour autant que les jaunes ne soient battus dans le même temps. Après un quart d'heure de film, différents personnages ont donc été mis en place, des gestes effectués, puis remisés sans plus d'explication ; ils auront néanmoins leur importance dans l'amalgame final.
Après Mon petit doigt m'a dit, Pascal Thomas s'amuse pour la deuxième fois avec un roman d'Agatha Christie. Une immense maison sombre de Dinard accueille tous les protagonistes d'une histoire qu'il sera bien difficile de tirer au clair. En surplomb de la mer, les regards pleins de sous-entendus s'échangent, les portes s'ouvrent et se referment, les parquets grincent et les coups de balai sont mortels. Pascal Thomas filme ses acteurs dans une ambiance qui fait penser à la BD, les effets sont volontairement appuyés et l'on sent que les acteurs s'amusent à jouer en forçant juste un peu plus que ce qui serait suffisant.
Ce n'est pas le cas de Laura Smet, qui explose quant à elle tous les compteurs de mesure, avec un personnage d'hystérique, jalouse et parano insupportable. Vraiment too much ; dommage que le réalisateur n'ait pas cru bon de la recadrer. Pour sa part, Melvil Poupaud est très bien en Cary Grant de l'Ile-et-Vilaine et François Morel très à l'aise en flic distrait de ses vacances par le crime qui rode et qui frappe. L'Heure zéro, plus drôle et léger que Mon petit doigt m'a dit, est un film ludique et typé, qui donne envie de voir maintenant Pascal Thomas adapter un vrai grand classique d'Agatha Christie. Il ne lui reste plus qu'à trouver son Hercule Poirot ou sa Miss Marple.
18/11/2007 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)
On en a vu beaucoup des films de copains. On les voit toujours avec tendresse, riant aux éclats ou la larme à l'oeil. Pour ne prendre que deux exemples français, Yves Robert (Nous irons tous au paradis, Un éléphant, ça trompe énormément) ou Claude Sautet (Vincent, François, Paul et les autres) ont excellé dans le genre, masculin en l'occurrence. Avec Le Cœur des hommes, Marc Esposito avait su, grâce à son beau quatuor de costards, s'inscrire sur la liste d'un héritage dont il pouvait prétendre obtenir une belle part. Un magot fait de blagues de potaches, de silences pudiques, d'engueulades tonitruantes, de connivences implicites, de bouteilles partagées et de virées à la mer.
Il était logique et tentant d'oser une suite, d'autant plus qu'elle était attendue et souhaitée par le public enthousiaste du premier opus. Malheureusement, cette suite est ratée. La mayonnaise qui prenait si bien entre les Quatre dans le Un reste liquide dans le Deux. On ne sent plus la même proximité entre les personnages masculins, la franche camaraderie semble avoir un peu déserté le plateau. Les répliques drôles du Cœur des hommes ("Il est devenu bouddhiste le charcutier ?") sont absentes de sa suite et certaines sont même d'une vraie lourdeur. Au plan du scénario, le revirement de Nanou, jouée par Catherine Wilkening, est vraiment très rapide et injustifié, tandis que la facilité avec laquelle Jeanne/Valérie Kaprisky, par ailleurs très bien, se laisse séduire par l'un des Quatre est tout simplement inouïe.
Au final, comme toujours, ce sont les femmes qui sauvent les hommes à la dérive. Ce sont elles qui élèvent le niveau et apportent la tendresse que les mecs semblent avoir perdue entre eux. Florence Thomassin, en douce folle pas si conne, et Valérie Stroh, en amoureuse trop raisonnable, sont touchantes et superbes. La fin du film laisse la porte ouverte à un Cœur des hommes 3. On a hâte d'y revoir certaines femmes.
15/11/2007 dans Cinéma | Lien permanent | Commentaires (6) | TrackBack (0)
C'est samedi prochain, 3 novembre, que passera pour la première fois le documentaire de Laurent Perrin, Dominique Laffin, portrait d'une enfant pas sage, sur CinéCinéma Culte, dont je vous avais parlé il y a quelque temps. Ce film sera diffusé quatre fois jusqu'au 9 novembre. Ne le manquez pas si vous vous souvenez de Dominique Laffin et que vous souhaitez tant la revoir que l'entendre. Ne le ratez pas non plus si vous croyez avoir oublié cette actrice qui aurait dû avoir une belle et longue carrière si… Le lundi 5 novembre, c'est une soirée événement que nous proposera CinéCinéma Culte avec le documentaire de Laurent Perrin, suivi de La Femme qui pleure, de Jacques Doillon et de Passage secret, premier film de Laurent Perrin et dernier de Dominique Laffin. A vos enregistrements, les diffusions de films de l'actrice sont rares, si l'on excepte le régulier Garçon ! de Claude Sautet. Très accessoirement, je vous signale que vous pourrez apercevoir à l'ouverture du documentaire de Laurent Perrin ces pages bleues que vous êtes en train de lire.
Le programme des diffusions :
31/10/2007 dans Cinéma, Dominique Laffin, Télévision | Lien permanent | Commentaires (4) | TrackBack (0)




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