Tous les ans, c’est pareil, août jette son peuple de vacanciers impatients sur les routes collantes d’un été qui a intérêt à ne pas être fini. D’un coup, les villes se vident et les villages deviennent des villes. Ça déboule de partout et dans tous les coins ; chacun veut la place au soleil qu’il a réservée six mois plus tôt et rêvée depuis plus longtemps encore. Août est un hamac suspendu entre deux nœuds à l’estomac. C’est un mois d’apesanteur, où le vacancier s’acharne à penser à autre chose ou mieux, à rien. Trente-et-un jours durant lesquels la vie s’arrête ici pour renaître là ; trente-et-un jours de rattrapage de tous les « Quand j’aurai le temps… ». Au camping comme à la plage, chez tante Jacqueline ou à l’hôtel, à la montagne, à la campagne, au bout du monde, au fond du jardin, chacun se choisit un nouveau moi ou laisse enfin sortir celui qu’il ne montre pas le reste de l’année. Août est une fenêtre ouverte, que certains parviennent même à faire porte… Mais bientôt, il s’essouffle. Les jours ne sont plus ce qu’ils étaient le mois d’avant et le feu d’artifice du 15 commence bien moins tard que celui du 14 juillet. On en revient un gilet sur les épaules et pas une bière à la main. C’est septembre, sans pitié, qui commence à pousser sa fraîcheur, encouragé qu’il est par les publicités rabat-joie pour la rentrée des classes, les vitrines insensées pleines de manteaux chauds et le courrier qui déborde des boîtes aux lettres. En attendant, c’est au mois d’août, tagada, tagada…
La série des mois est ainsi terminée. Vous pouvez en lire l'intégralité ici.





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