On peut dire que tout cela n’est que de la chansonnette pour salle de bain, de la ballade de barbus qui se rasent à l’harmonica, de l’air cool à siffloter en Solex, de la song de fainéant à la casquette basse. On peut dire qu’entre Giant, le précédent album, et Next Year in Zion, le nouveau, toutes les chansons des Herman Düne se ressemblent tellement que lorsque l’une commence, on n’est jamais sûr qu’il ne s’agit pas d’une autre. On peut dire que les textes des franco-suédois sont le plus souvent des jardins simples où les fleurs bleues poussent à l’eau de rose.
On peut dire tout cela et adorer pourtant Next Year in Zion, après avoir déjà adoré Giant. Car mine de rien, les Herman Düne sont les rois de la mélodie en sous-sol, le genre de ritournelle que l’on ne voit pas venir dans un premier temps, ni dans un deuxième d’ailleurs, mais qui, une fois identifiée, se grave dans le marbre mou de nos cerveaux lents. Chaque chanson ou presque a son gimmick implacable. Qu’il s’agisse de trompettes mexicaines, de doubles voix féminines et vaporeuses, de guitares discrètes ou de refrains soyeux, les Düne ont le chic pour imposer leurs notes sans faire de bruit.
Qui plus est, avec Next Year in Zion et Giant, le groupe réalise une synthèse inattendue entre le pop/rock/folk des années 70 et la chanson française de la même époque. Herman Düne est le chaînon manquant entre Tim Buckley et Joe Dassin, le croisement entre Paul Simon et Alain Chamfort. Avec ses hymnes doux pour patriotes aux yeux rouges, la voix ensoleillée de David-Ivar Herman Düne rallume ainsi des chaleurs oubliées et parfois inavouables, du moins chez ceux qui taquinent la quarantaine. Alors forcément, on aime les Herman Düne. Ça fait plus de trente ans qu’on les aime.














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