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Damien Guinet
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  • Ce blog est le seul moyen que Turquois a trouvé pour être Directeur. En l'occurence, de la publication. C'est lui qui fait tout ici, sauf le ménage. Toutes les nuits, ces pages sont repeintes en bleu ; au petit matin, toutes les lettres des notes sont trempées dans la vanille. Ces opérations sont effectuées par les équipes de Sixapart SA, dans leurs bureaux du 48 rue de la Bienfaisance 75008 Paris (01 45 61 20 85). Si vous voulez me contacter pour me faire des compliments, c'est facile, j'ai Internet.

Notes de la catégorie "DLSDD"

Loire-Atlantique

  • Dans le sens des départs (8)

0802_saint_nazaire56_3 A Saint-Nazaire, ceux qui ont un parapluie sous la bruine ne sont pas de Saint-Nazaire. Là-bas, la pluie n’est ni une péripétie, ni un contretemps ; elle fait partie du décor mais ne fait pas fondre. Le matin, sur le boulevard Albert 1er, les retraités prennent le frais sous les gouttes sans sourciller. Plus tard, les collégiens reviennent du McDo sous l’averse comme si de rien n’était, les cheveux collés au front et les bouches jointes, où se déchaînent d’autres tempêtes. A son tour, on avance donc la tête au vent, le pébroc protégeant l’appareil photo, observé par des autochtones humides, la parka bien vite trempée mais0802_saint_nazaire3_2 le corps en mouvement, entre les coques, les paquebots, les grues et les cargos, au milieu des cris des mouettes et des plaintes de l’acier sous les presses, derrière la tôle des ateliers. Au fond d’un bassin, le Poesia est terminé et les premiers membres de l’équipage italien viennent le découvrir avec ferveur ; les yeux levés au ciel, ils admirent sa robe blanche et sa cheminée qui fume déjà ; pour un peu, on se croirait place Saint-Pierre. En face, dans la forme Joubert, le Jasmine Knutsen est en cale sèche pour maintenance. Sous sa coque immense, deux playmobils minuscules donnent une idée de la taille du tanker, si haut et démesurément long. Face à ce monstre, on ne souhaite qu’une chose, qu'il ne se rompe jamais, ni en mer, ni dans l’estuaire.

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L'île de Ré

  • Dans le sens des départs (7)

On pose le pied sur le sol de Ré en se demandant si l’on pourra vraiment la découvrir en seulement huitDpp_0709050005 petits jours. Tant a été dit et tant l’est encore sur ses beautés, ses trésors, sa douceur, sa lumière, ses people, ses roses trémières, ses jolies maisons inabordables et secrètes… Comment comprendre cela en une semaine ? Comment prendre son temps sans trop le perdre ? On doute. Puis on s’interroge. Car de prime abord, l’on ne sait pas trop par quel bout la prendre cette île toute plate, que ce soit à pieds, à vélo ou en photo. On a beau observer, écouter, attendre et toucher, on sent qu’elle ne se donne pas au premier venu, qu’il va falloir faire sa cour et ne pas trop en demander la première fois.

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Le Pays Basque

  • Dans le sens des départs (6)

C’est un pays à cheval sur deux autres, dont il conteste régulièrement avec fracas les autoritésDpp_0709060052 respectives. Les résidences secondaires explosent parfois la nuit et les agences immobilières flambent, ce qui n’étonne pas puisque les prix des maisons qu’elles affichent le font aussi. Une simple propagation en quelque sorte. « Le Pays Basque n’est pas à vendre » est-il écrit sur les murs au petit matin. Ça tombe bien, on n’a pas les moyens. Ces traces proches de luttes qui semblent lointaines aux touristes font partie du paysage et alimentent les pages régionales de Sud-Ouest. On s’y habitue sans qu’elles n’inquiètent. Et puis un jour, le quotidien annonce la découverte d’une cache d’armes à Biarritz. Exactement dans le parking où, pour échapper à la corvée du stationnement, on se gare grâce à un autochtone de connaissance. Connaît-on toujours bien ses amis, sa famille ? On s’interroge le temps d’une soirée. Très vite toutefois, il apparaît que le locataire, collectionneur un peu particulier, est déjà en prison, ce qui explique qu’il n’ait pas pu débarrasser les lieux avant la fin du bail. On respire.

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La Guadeloupe - Deshaies

  • Dans le sens des départs (5)

La première fois, on ne va pas à Deshaies, on tombe dessus à l’improviste. Que l’on arrive  du Nord ou duDpp_070421_0398 Sud, la baie apparaît à nos pieds comme un modeste trésor caché. Le boulevard des Poissonniers dans un sens, la rue de la Liberté dans l’autre et c’est à peu près tout, si l’on ajoute la rue de la Vague Bleue qui monte au cimetière et à l’école, ou inversement. Deshaies n’est qu’un fin sourcil posé au-dessus de l’œil bleu turquoise dans lequel il se reflète. C’est un village simple à l’écart des sentiers battus par les touristes qui ne rêvent que de transats et de plages privées.

Lire la suite (et la fin de la série Guadeloupe, pour cette année)

La Guadeloupe - La journée aux Saintes

  • Dans le sens des départs (4)

Sur le coup, on se dit qu’il va falloir se lever tôt pour attraper le bateau au sud de l’île. Se lever tôt en vacances, on rechigne toujours un peu. Mais le souvenir des longues minutes passées la fois précédente sur les hauteurs face à la baie emporte vite les réticences. Il faut dire que les Saintes sont classées troisième plus belle baie du monde, derrière Rio et Along. C’est comme ça, pas la peine de discuter, il y a un jury. Sans doute. Peut-être.

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La Guadeloupe - Le coucher de soleil à Grande Anse

  • Dans le sens des départs (3)

Dpp_070421_0392_3 C’est en fin d’après-midi que tout commence. Le soleil décline et quelqu’un dit : « Grande Anse ? », les yeux vers l’horizon, presque pour lui-même. On part aussitôt, le trajet se fait en silence dans une végétation qui flambe, naïve et dense. Le carrefour de la station-service et l’on y est. La ligne de cocotiers franchie, on entre sur la plage comme on pénètre un lieu qui mérite le respect. Assis les mains dans le sable encore chaud, le nez en l’air et le lin ouvert au vent, il n’y a plus qu’à se laisser aller. Regarder, respirer. L’essentiel.

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La Guadeloupe

  • Dans le sens des départs (2)

Si on nous demandait pourquoi on part, on dirait sans doute que c’est pour le luxe d’avoir chaud quandImg_8435 Paris grelotte et renifle. On dirait que c’est pour le plaisir de se baigner dans le sel bien avant l’été qui paraît si loin. On dirait que ce départ en Guadeloupe n’est qu’un alibi pour boire du rhum midi et soir, fumer quelques cigares et porter un chapeau de paille, pour se la jouer un peu et vivre son fantasme tropical sans quitter la France administrative. On sentirait alors que ces raisons semblent bien minces à qui pose la question. Il faudrait expliquer qu’un voyage aux Antilles est fait de multiples instants très différents les uns des autres, d’heures qui ne se ressemblent pas, de sentiments très variés.

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L'île d'Oléron

  • Dans le sens des départs (1)

Juste avant de partir, on a un dernier doute, le pressentiment que l’idée n’est pas forcément excellente, qu’on aurait pu faire comme tout le monde et se laisser glisser lentement vers les pistes encombrées. Puis, sur la route qui conduit à l’Atlantique, on se répète que la mer en hiver, ce n’est pas plus idiot que la montagne en été. D’ailleurs, si la neige fond lorsque le soleil insiste, l’océan, lui, a l’avantage de ne pas geler entre janvier et mars. Il continue inlassablement à rouler sur lui-même, la voix un peu plus rauque et soufflant de l’écume jusque vers les herbes hautes qui jouent les vigies sur la dune. On ne peut pas l’embrasser mais il est toujours le même finalement. Comme un vieil ami enrhumé.

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Voici une nouvelle série, dont nous verrons avec le temps si elle mérite bien ce nom.

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